Étude de cas d’une invasion de faux fans Facebook

Hier, nous avons eu la malchance de voir une hausse significative des fans sur la page Facebook du site que nous gérons, Le Cahier. Effectivement, nous avons vu débarquer une quantité impressionnante d’abonnés étrangers, provenant du Pérou, du Brésil, du Pakistan et de l’Indonésie, pour ne nommer que ceux-là.

 

Pourquoi se plaindrait-on d’une hausse rapide de nos fans? Ne devrait-on pas se réjouir? Plusieurs pages achètent des fans de ce genre, alors que nous en recevons totalement gratuitement, c’est la belle vie, non?

 

NON. Une chose qu’il faut comprendre, c’est que les fans qui sont des faux profils NUISENT à une page Facebook, plutôt que de l’aider. Sans me lancer dans une grande explication détaillée des algorithmes Facebook, seulement un pourcentage des fans sont exposés aux publications de la page. Donc, si 50% de vos fans sont des faux comptes du Bangladesh, le pourcentage de vrais fans qui seront exposés à vos publications sera grandement diminué, rendant tous vos efforts pour être actifs et présents sur les médias sociaux deux fois plus difficiles.

 

Alors donc, nous avons été victimes d’une immigration massive sur notre page. La question que vous vous poserez sûrement, sachant que c’est nuisible, est « Comment stopper cette vague, limiter les dégâts, et fermer les frontières de notre page à ces étrangers à l’identité douteuse, tel un douanier nord-coréen zélé »

 

LES CAUSES EXPLIQUANT L’ARRIVÉE D’INTRUS SUR UNE PAGE

 

Premièrement, il faut essayer de comprendre d’où ça provient. Plusieurs causes sont possibles :

 

1) Un autre administrateur de la page a acheté des fans.
Si c’est le cas, assoyez-vous avec lui autour d’un café, et parlez-lui de l’importance de faire des bons choix dans la vie. Avec une bonne tape dans le dos et un « C’est pas grave, on t’aime quand même »

 

– Ce n’est pas notre cas. La stratégie médias sociaux, c’est notre spécialité. Nous connaissons donc les risques d’une telle pratique. Tsé.

 

2) L’administrateur d’une autre page semblable à la vôtre a décidé d’acheter des fans, et les faux profils aiment plusieurs pages du même genre, pour éviter d’éveiller les soupçons.

 

– On a bien entendu considéré cette possibilité. Pour la vérifier, nous avons fait un référencement croisé d’un grand nombre de faux fans, pour voir si, outre Le Cahier, ils étaient abonnés à un autre site montréalais ou canadien. Pratiquement toutes les pages aimées étaient dupliquées, mais aucune n’était canadienne. On a toutefois remarqué certaines choses, que je vais exposer plus tard dans l’explication.

 

3) Un compétiteur a décidé d’acheter des faux abonnés pour votre page, pour nuire à votre réputation.

 

– On ne croit vraiment pas que ce soit le cas. C’est surtout à considérer si vous avez un ennemi mortel, du genre qui lance des fléchettes sur une photo de vous, ou qui a tenté à plusieurs reprises de recueillir votre ADN pour fabriquer une poupée vaudou. Nous n’en avons pas, ou du moins, on l’espère.

 

4) Tout simplement un coup du hasard. La malchance d’avoir été sélectionné par un groupe sombre et douteux, pour diversifier l’activité des faux comptes, et éviter d’être repérés par Facebook.

 

– C’est probablement ce qui nous est arrivé. Nous avons même le nom de la page en question, et l’intimidant logo démoniaque qui, tel un drapeau pirate, annonce ses intentions maléfiques.

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Pour en arriver à ce résultat, nous avons fait une enquête approfondie, pour trouver la source des faux abonnés. La première chose à faire dans ce cas est de regarder ses nouveaux abonnés, et consulter des faux profils.

 

LE PROFIL D’UN FAUX PROFIL

 

Les faux profils sont heureusement très faciles à identifier.

 

1) Tout d’abord, l’origine géographique de l’utilisateur est très peu plausible, considérant le contenu de votre page. Oui, je trouve que Le Cahier est un site très intéressant, mais je doute tout de même de l’intérêt spontané de dizaines de Brésiliens et d’Ouzbeks (résidents de l’Ouzbékistan, un gros + pour vos connaissances géographiques) pour ses articles.

 

2) Le nom contient des caractères étrangers incompréhensibles pour vous, alors que votre page ne publie qu’en français ou en anglais.

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3) Le profil n’a pas de photo de profil associé, ou alors une photo d’un acteur, d’un chat, d’un « meme », de Fresh Prince of Bel-Air (étonnamment commun), ou autre. (Dans l’exemple, le nom peut aussi mettre la puce à l’oreille des gens plus rusés)

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4) Le profil a un nom évocateur du genre « BestLikezEver » « 100FreeLikesForFreeLololol » ou « AllTheFreeLikes ». Je comprends qu’il peut peut-être s’agir de noms communs dans certains pays dont je ne connais pas l’existence, mais ça soulève tout de même des doutes.

 

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5) Ces profils ont aussi très souvent un grand nombre d’amis, au dessus de 1000, et autour de 25 à 30 000 abonnés, ce qui semble leur donner une légitimité.

 

Donc, une fois qu’on a identifié les faux fans, il est temps de tout analyser, et aussi de commencer à les bannir. Un par un. Je vous conseille fortement une souris, parce qu’avec un trackpad, bannir 1000 personnes, ça peut être long. Il faut vous dépêcher de faire cette étape, car Facebook ne garde en mémoire qu’un certain nombre de nouveaux fans dans la liste que vous pouvez bannir et donc, les autres seront hors d’accès, et resteront éternellement sur votre page, si ça fait trop longtemps qu’ils l’ont aimée.

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Dans l’analyse de notre situation, nous avons découvert ce pattern récurrent, où les faux profils s’abonnaient toujours à une liste d’intérêt, créée par les diaboliques antagonistes de l’histoire, DarkLikez. On peut donc tout simplement en déduire que la page en question a ciblé notre page sur la liste destinée à ce que les faux profils s’abonnent, pour diversifier leurs activités sur le réseau.

 

LA SOLUTION

 

Une fois le problème constaté, il faut réagir rapidement. Il faut mettre son pied à terre, et crier, tel Gandalf dans la Moria : « VOUS NE PASSEREZ PAS » à tous ces envahisseurs.

 

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Nous avons tenté plusieurs solutions :

 

1) Changer l’URL de la page.
Logiquement, nous nous sommes dits que l’URL avait dû être publiée quelque part, et qu’en la changeant, le lien serait brisé, et donc l’invasion cesserait immédiatement.

 

ERREUR. Ça n’a absolument rien changé. Il faut comprendre que ces faux profils répliquent les abonnements des autres, et donc, si quelqu’un l’a « aimée », il est toujours possible pour les faux profils de la retrouver, et de continuer l’invasion.

 

2) Ne permettre l’accès qu’à certains pays sélectionnés.
Techniquement, ça aurait dû fonctionner. Facebook étant ce qu’il est, la fonction est inefficace, et malgré cette restriction, nous continuions à recevoir des « J’aime » de Biélorussie et de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

 

3) LA SOLUTION PRESQUE-MIRACLE : Bloquer les pays manuellement
La seule technique qui nous ait permis de stopper l’invasion est de bloquer chacun des pays du monde, manuellement, à l’exception de quelques-uns. Donc, sur 196 pays, nous avons dû bloquer, un par un, 192 pays. Une autre excellente façon d’améliorer vos connaissances en géographie.

 

La dernière solution est presque miraculeuse, mais certains faux comptes proviennent des États-Unis ou du Canada, donc à moins de fermer complètement votre page et de vous retirer dans la forêt pour vivre en ermite, ça peut continuer. Il nous faudra donc demeurer vigilant et, pour les prochaines semaines, bien surveiller l’influx de nouveaux fans pour éliminer les indésirables. Ensuite, une fois que le tout aura bel et bien arrêté, dans un mois ou deux, nous pourrons enfin rouvrir nos frontières, et redevenir un endroit accueillant et agréable, ouvert aux étrangers.

 

Donc si vous ADOREZ Le Cahier et vivez au Tuvalu, vous pourrez éventuellement ravoir accès à notre page Facebook. En attendant, vous pouvez continuer à visiter le site web, et à nous parler sur les autres plates-formes.

 

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Avez-vous déjà vécu une situation semblable? Comment l’avez-vous gérée? Dites-le nous en commentaires!

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